Si l'on appelle monnaie tout objet qui permet de conserver une valeur de troc dans le temps, et d'acquérir toutes sortes de biens, on constate se faisant qu'il existe trois sortes de monnaies primitives : des outils, des denrées, des objets précieux.
Les deux premières tirent leur valeur de leur utilité, la troisième de sa rareté. La monnaie-denrée primitive la plus répandue, est le bétail : rupia en sanscrit, pecus en latin, le mot bétail est à l'origine des mots roupies et pecunia (argent).
La monnaie métallique ne supplanta ces autres monnaies primitives que peu à peu.
A Babylone (III° millènaire avant Jésus-Christ), les deux monnaies étaient l'orge et le métal (cuivre, argent et or).
Chez les Hittites (1600-1200 avant Jésus-Christ), le mouton et l'argent.
La monnaie en ce temps se présente sous une forme encombrante, celle du lingot.
Dans la Gaule archaîque, le métal était faconné en forme de hache ou de roue, en photo le dépot de Chéry, bracelets, haches, anneaux, dans ce vase de 0.25 cm, plus de 250 objets et fragments en bronze sont découverts, d'un poids total de 12 kg !
(entre 1200 ET 1000 avant J.C).
En Egypte, le cuivre circulait sous forme de fil en rouleaux.
Mais à chaque transaction, on analyse et pèse le lingot (voir gravure d'un Talent monnaie-lingot romaine).
Un grand progrés fut fait le jour ou l'on put éviter ces deux opérations.
Ce fut le rôle des sceaux.
Les plus anciens remonte à Babylone. Un posseseur de lingot certifie en imprimant son sceau sur l'objet, qu'il en a vérifié le poids ou la teneur.
Ce garant peut être un particulier, mais le plus souvent, c'est un temple et c'est en Cappadoce, vers le XXII° siècle avant notre ère qu'apparaîssent les premiers lingots avec estampille d'Etat.
Après le lingot estampillé,l'étape suivante sera la pièce de monnaie.
Les numismates s'accordent à penser que les premières pièces de monnaie furent frappées en Lydie, au début du VII° siècle avant Jésus-Christ. Elles avaient la forme de grosses fèves avec un poinçon primitif. Par la suite, elles prirent la forme d'un disque et portèrent le sceau de la ville ou de l'Etat qui en garantissait l'aloi.
L'introduction des monnaies à Athènes peut être datée avec précision : les amendes que Dracon avait fixés en têtes de bétail en 621, Solon les convertit en pièces de monnaies en 594.
Les métaux qui servirent de support aux coins monétaires furent nombreux: fer, plomb, or et argent. Comme alliage, on connaît surtout le bronze (aes en latin, d'ou le terme aestimare = estimer.
Il existait aussi des monnaies en electrum (or et argent venant du fleuve Pactole), en orichalque (laiton), en potin (cuivre et laiton).
Si l'on tient compte non seulement du métal et du lieu de frappe, mais aussi de la teneur, du poids, du type de coin monètaire adopté, on arrive à dénombrer plus de 140 000 sortes de monnaies grecques et romaines.
Les manipulations monétaires avaient pour conséquence la dépréciation des monnaies, le taux des amendes était tombé si bas qu'un nommé L. Veratius à Rome ( 1° siècle avant j.c) s'amusait à se promener suivi d'un esclave portant un sac d'as, et à invectiver les citoyens qu'il rencontrait, quitte à payer 25 as à l'insulté, selon le tarif en vigueur.
Même les Etats frappant monnaies succombèrent souvent à la tentation de tricher sur la teneur des pièces, comme on le constate sur les deniers fourrés romains.
Le monde Antique connaissait les principaux mécanismes de credits modernes.
Le code d'Hammourabi (XVII° siècle avant notre ère) autorisait les opérations de banque; on a trouvé, datant de cette période, des lettres de changes sur tablettes d'argile, portant les noms du tireur et du tiré, le montant, la domicilisation, l'échéance et le taux d'intérêt, en bref le système moderne du cheque au porteur.
Cependant, il y a un trait fondamental qui distingue la finance du monde antique au monde moderne, qui naît vers la fin du moyen age. C'est l'absence de collusion entre politique et pouvoir financier. La naissance d'une classe de banquiers, l'intrusion des Etats dans le domaine financier, et les conflits qui en résultent font partie du monde moderne.
Celui-ci commence vers le XII° siècle de notre ère.
L'importance alors du poinçon est la première caractéristique de la monnaie médiévale. Le droit de frappe devient un privilège politique: le prince décide de la quantité de frappe qui doit être mise en circulation.
Après la période des Mérovingiens, le roi Saint-Louis prend des mesures d'ordre : il s'engage à ne faire frapper sous son sceau que des monnaies de bon aloi, dont le titre en métal soit uniforme; il donne à ces monnaies un cours légal dans tout le pays et restreint la validité des monnaies seigneurales aux limites des seigneries.
Il met fin aux détenteurs de frappe innombrables, et au désordre monétaire, pas moins de 884 autorités frappaient monnaies, seigneuries, abbayes, bourgades, dont la qualité et le bon aloi étaient aléatoires : on voyait circulait des pièces d'or à l'aloi douteux, d'identification incertaine et dont le titre n'était pas garanti.
Au XIV° siècle, en même temps que se créent les Etats modernes, le droit de frappe se concentre désormais dans les mains des rois.